Loïc – Et pourquoi pas !

La môme néant – Jean Tardieu
(Voix de marionnette, voix de fausset, aiguë, nasillarde, cassée, cassante, caquetante, édentée.)
 
Quoi qu’a dit ?
– A dit rin.
Quoi qu’a fait ?
– A fait rin.
A quoi qu’a pense ?
– A pense à rin.
Pourquoi qu’a dit rin ?
Pourquoi qu’a fait rin ?
Pourquoi qu’a pense à rin ?
– A’ xiste pas.

Monsieur, Monsieur
Editions Gallimard, 1951
……………………………………..
A dit rin
Personne n’écoute
A fait rin
pourquoi, toujours, faire ?
A pense à rin
C’est quoi, penser ?
pourquoi, réfléchir ?
Et pourquoi pas ?
A’xiste, moi.

 

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Loïc et Théophile Gautier – Renouveau

Renouveau
 
Tandis qu’à leurs oeuvres perverses,
Les hommes courent haletants,
Mars, qui rit malgré les averses
Prépare en secret le printemps …
Et toute la classe (des garçons seulement, nous sommes en 1959) écoute, bouche bée. L’épisode « radio scolaire » a commencé. Nous nous sommes « échauffé » la voix en faisant des vocalises, « montés » au plus haut, « descendus » au plus bas, puis révision des chants connus. Le maître nous présente alors ce à quoi je donnerai le titre de « le tandika », il nous explique le pourquoi (nous sommes le 21mars), nous apprend le mot « renouveau », avec le rapport avec le moment, 1959, de la renaissance de notre ville …
C’est le printemps, regardez ces petites fleurs parsemées sur les parterres de l’école ! M. Appriou augmente le son, « écoutez bien ». Il est presque sourd, porte des appareils auditifs. Cela m’impressionne, car sa voix métallique sonne comme celle d’un robot.
Je ressentais cette parenthèse dans notre quotidien comme un ravissement, un véritablement moment de bonheur.
Et puis ce mot magique, « renouveau » …

Premier sourire de printemps

Tandis qu’à leurs œuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
II repasse des collerettes
Et cisèle des boutons-d’or.

Dans le verger et dans la vigne,
II s’en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l’amandier.

La nature au lit se repose ;
Lui, descend au jardin désert
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges
Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
II sème aux prés les perce-neige
Et les violettes au bois.

Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l’oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d’argent du muguet.

Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
II met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d’avril tournant la tête,
II dit : « Printemps, tu peux venir ! »

Où lire Loïc

Loïc – Par la fenêtre, je vois

Par la fenêtre

Par la fenêtre, je vois le brouillard, familier, habituel, un compagnon de voyages, de rêvasseries en échappées, d’espoirs en illusions.

En bas, des jeunes femmes poussent les landaus ou les poussettes, sur une belle allée plantée d’arbres alignés, plantés après la guerre pour tenter d’apporter un peu de vie et d’espoir en l’avenir à la ville meurtrie.

Au loin, là-bas, la terre pénètre l’Atlantique.

Depuis que papa a pu offrir à notre famille une 203 « commerciale », nous nous rendons de temps en temps sur cette presqu’île, notre lieu d’évasion. Quelques kilomètres par la mer, mais cent par la route !

Une terre encore épargnée de tous les tracas de la ville « béton-bitume », fracassée, que les habitants ont réinvestie, se frottant les yeux pour effacer à jamais les démons et les traumatismes.

Sur notre presqu’île aussi naissent des enfants, des baby-boomers, et ils courent à travers les champs, en chantant, et même en sifflant : Je suis si fier d’avoir appris !

Ici, autour du calvaire, nous nous ressourçons autour d’un vrai paysage de Bretagne. Les femmes en noir qui sortent de l’église puis s’assoient pour commérer sur les bancs de pierre ont toujours été là, n’ont pas interrompu leurs conversations, jamais, semble-t-il. Tout est couleurs, calme, sérénité. Devant le collège privé, les « Frères à quatre bras » accueillent les adolescents en culotte courte qui accourent comme des piafs.

Les jeunes du bagad Bleuniou Sivi (« fleurs de fraises ») accordent consciencieusement leurs cornemuses : fini le calme, mais bientôt le concert !

Mais … Mon regard s’était perdu dans le vide.

Une image apparaît, furtive, incongrue, très dérangeante, menaçante. Un fantôme ? un mirage ? Un cauchemar ?

Fermée, la fenêtre; tirés, les rideaux.

Ce sous-marin est venu tout gâcher.

Par la fenêtre.

Par la fenêtre, je vois le brouillard, familier, habituel, un compagnon de voyages, de rêvasseries en échappées, d’espoirs en illusions.

En bas, des jeunes femmes poussent les landaus ou les poussettes, sur une belle allée plantée d’arbres alignés, plantés après la guerre pour tenter d’apporter un peu de vie et d’espoir en l’avenir à la ville meurtrie.

Au loin, là-bas, la terre pénètre l’Atlantique.

Depuis que papa a pu offrir à notre famille une 203 « commerciale », nous nous rendons de temps en temps sur cette presqu’île, notre lieu d’évasion. Quelques kilomètres par la mer, mais cent par la route !

Une terre encore épargnée de tous les tracas de la ville « béton-bitume », fracassée, que les habitants ont réinvestie, se frottant les yeux pour effacer à jamais les démons et les traumatismes.

Sur notre presqu’île aussi naissent des enfants, des baby-boomers, et ils courent à travers les champs, en chantant, et même en sifflant : Je suis si fier d’avoir appris !

Ici, autour du calvaire, nous nous ressourçons autour d’un vrai paysage de Bretagne. Les femmes en noir qui sortent de l’église puis s’assoient pour commérer sur les bancs de pierre ont toujours été là, n’ont pas interrompu leurs conversations, jamais, semble-t-il. Tout est couleurs, calme, sérénité. Devant le collège privé, les « Frères à quatre bras » accueillent les adolescents en culotte courte qui accourent comme des piafs.

Les jeunes du bagad Bleuniou Sivi (« fleurs de fraises ») accordent consciencieusement leurs cornemuses : fini le calme, mais bientôt le concert !

Mais … Mon regard s’était perdu dans le vide.

Une image apparaît, furtive, incongrue, très dérangeante, menaçante. Un fantôme ? un mirage ? Un cauchemar ?

Fermée, la fenêtre; tirés, les rideaux.

Ce sous-marin est venu tout gâcher.

Où lire Loïc

Rencontre – Loïc

Présentation de Loïc

Hommage aux rencontres.

Ma présentation, sous forme de participation au jeu du mois. Bonjour à toutes et tous, à toutes les personnes que je ne connais pas, et à celles que je rencontre sous d’autres cieux ! « Offrir un petit texte de présentation », quelle jolie formule … Offrir, et rencontrer. la rencontre est le thème de ce jeu du mois : rencontres virtuelle, bien sûr, mais souvent bien plus sincères et chaleureuses que les « vraies ». Rencontres des images et des mots, que je pratique dans mon blog Ecrimages

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