Par la fenêtre, je vois – Galet

Après la tempête

Par la fenêtre, je vois l’ampleur des dégâts. Il a venté toute la nuit ; la pluie en rafale a giflé les volets de bois et tambouriné sur les ardoises, dégoulinant à gros sanglots dans les chéneaux. Et ce matin, le calme revenu, j’ai ouvert les persiennes sur un ciel d’un bleu profond.

Dessous, le jardin est bouleversé, défait, anéanti. Le sapin du fond est couché sur la pelouse, révélant ses racines rayonnantes sur lesquelles des pies s’ébrouent en jacassant. Les dahlias écrasent leur tête sur le gravier de l’allée, la tige brisée par le vent et un excès d’eau. Les fauteuils de la terrasse gisent ça et là, au milieu de branchages et de feuilles arrachées aux haies…

Lentement, je tire le rideau, enfile une robe de chambre et descend.

Dès la porte ouverte, je commence à redresser ici un pot, là un rameau. Je progresse dans ce fouillis en ramassant quelques objets, en repoussant d’autres du pied. Je n’aurai jamais assez de cette journée pour tout remettre en état et je ne sais trop par où commencer…

Assise sur le muret, je m’apitoie, sur moi ou sur le jardin, je ne sais pas, lorsque je perçois un mouvement, suivi d’un petit cri aigu. Des branches emmêlées du sapin sort un petit museau rose. Deux billes noires me fixent sans peur, la moustache frémit.

« Bonjour, Minet ! Viens, je t’offre un bol de lait, puis je me mets au travail ! »

Je retourne dans la cuisine, le chat trottine sur mes talons en laissant les trèfles de ses empreintes sur le carrelage.

Où lire Galet 

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s